VNF

Filière Automobile

Les principales caractéristiques du marché national

Taille, ouverture et tendance du marché

Chaque année, 2,2 millions de véhicules neufs sont écoulés en France (2,9 millions en Allemagne) et 2,2 millions de véhicules neufs sont produits en France. Le domaine des équipements, dont les soldes commerciaux sont positifs, est très ouvert alors que le solde commercial des véhicules finis est négatif. En 2010, les immatriculations de voitures neuves poursuivaient leur baisse (- 2,1 %) alors que l’Allemagne maintenait sa progression (+8,8 %). Le marché européen est à la fois mature et en pleine restructuration due à des surcapacités de production.

Gamme de produits

Pièces détachées et véhicules finis.

Conditionnements

Conteneurs et camions bâchés pour les pièces détachées. Ro-ro pour le transport des véhicules.

Contraintes de la chaîne logistique

Les flux de véhicules sont gérés par des logisticiens spécialisés . Le routier et le rail dominent dans le segment des voitures neuves. Le fluvial (et le maritime) domine dans le segment des voitures d’occasion.

Acteurs et chargeurs potentiels

Les constructeurs restent les donneurs d’ordre principaux en dépit du poids économique des équipementiers. Les distributeurs sont les donneurs d’ordre pour le segment des véhicules d’occasion où le fluvial domine.

Points forts du fluvial

Les capacités de massification.

Les principales caractéristiques du marché sur le bassin du Rhin

Taille du marché

3,3 millions de tonnes transportées en 2010. Le marché est modeste, avec 75 000 véhicules vendus par an, mais l’Alsace est la seconde région d’industrie automobile de France, avec Peugeot-SA à Sausheim, dans le Haut-Rhin, et un tissu plus diversifié dans le Bas-Rhin et bien connecté à la filière allemande par les plateformes logistiques. L’atout majeur de cette filière réside dans son positionnement central sur le marche européen et dans sa proximité avec le marché allemand (l’industrie automobile du land de Bade-Wurtemberg représente 1/5e de la valeur ajoutée mondiale dans ce secteur).

Situation de la filière

Flux de la filière : 20 % de véhicules finis et 80 % de pièces détachées
Filière Auto.1

Répartition modale

Le fluvial représente 11% des trafics, le rail environ 3 % et les 86 % restant vont à la route. Sur le bassin rhénan côté allemand, les flux du secteur sont à 60 % des flux de conteneurs. Les flux de conteneurs, côté français sont concentrés sur le Port autonome de Strasbourg et à Ottmarsheim.

Points forts du mode fluvial

Dans l’ordre : le coût, les délais, la fiabilité du service…

Freins au développement du mode fluvial

Le marché est en déclin, avec une baisse de la massification des flux. Les explications sont multiples : compétitivité économique et flexibilité du routier, culture historique du camion et du rail, atomisation des points de distribution, absence de rampes Ro-Ro, du côté français, pour les véhicules finis (contrairement à Mannheim et Worth côté allemand). Les acteurs logistiques locaux considèrent que les conditions de concentration des flux sur la façade rhénane ne sont aujourd’hui pas réunies et que la logistique en juste à temps est défavorable au fluvial.

Enjeux et opportunités

Trois pistes : créer des sites et des infrastructures permettant une concentration des flux suffisante à une logistique fluviale de transport des véhicules finis, assurer une fiabilité maximum pour les flux de pièces détachées en conteneurs, afin d’éviter toute rupture de la chaîne de production (garantir la synchronisation avec le segment maritime), enfin, insérer le Rhin dans les schémas logistiques dans les deux zones de production-consommation allemande et française.

Les perspectives de développement sur le bassin du Rhin

Potentiel du marché et du report modal

L’estimation de croissance du marché se situe à moins de 1 % par an et les perspectives de développement apparaissent incertaines. Et pourtant : on observe toujours une croissance de l’exportation de véhicules en Allemagne et une augmentation des flux internationaux de pièces détachées. Une hausse de la part fluviale est possible si des actions volontaristes sont menées : part modale pouvant passer de 11 % en 2010 à 17 % en 2025 .

Facteurs de réussites

Adapter l’offre portuaire aux flux imports-exports et valoriser le réseau rhénan qui bénéficie d’une position logistique exceptionnelle. Des synergies à trouver avec le pôle de compétitivité «Véhicule du futur».

Leviers et actions

Développer à la fois les actions en direction des constructeurs, donneurs d’ordre stratégiques, et les infrastructures adéquates en partenariat avec les grands acteurs locaux : rampe Ro-Ro (inexistante côté français), barges de 5 ponts (capacité de stockage comprise entre 400 et 500 véhicules, contre 300 maxi pour un train complet), plateforme de préparation-cross dock… Enfin, il serait intéressant de mettre en place des schémas de logistique urbaine.
Filière Auto.2

Filières Colis lourds et Machines

Les principales caractéristiques du marché national

Taille, ouverture et tendance du marché transport exceptionnel :

20 000 à 30 000 transports par an de pièces d’un poids minimum de 60 tonnes et d’au moins 3,5 mètres de diamètre. Un tiers de la production est destinée à l’export. Ce secteur est sensible à la conjoncture nationale et internationale. Il existe des gisements de croissance dans le secteur de la mobilité électrique et des énergies renouvelables.

Gamme de produits

Dans cette catégorie, on trouve tous les types de marchandises hors gabarit et de masses indivisibles : éléments de chaudronnerie lourde, matériels de travaux publics, engins militaires, matériels de centrales électriques, tunneliers, transformateurs d’électricité, éléments d’engins aérospatiaux…

Conditionnements

Les conditionnements sont très variables selon la marchandise : barges et navires Ro-Ro pour les colis lourds, conteneur pour l’import-export, intrants en amont de la fabrication (palettes, conteneur) pour les machines de taille et moyenne. Bateaux utilisés : automoteurs, convois poussés, barges classiques ou Ro-ro, barges automotrices Ro-Ro, navires fluvio-maritimes…

Filière Colis lourds:MachinesVC

Contraintes de la chaine logistique

La contrainte règlementaire peut être forte sur route et sur rail selon la dimension des colis lourds. Le transit time est un enjeu fort pour les produits mécaniques, mais peu sensible pour les colis lourds et les convois exceptionnels.

Acteurs et chargeurs potentiels

EDF, Alstom et General Electric.

Répartition modale

95 % des transports exceptionnels passent par la route.

Points forts du fluvial

Pour le transport exceptionnel de colis lourds : la qualité (savoir-faire pointu), les coûts, les délais, le service individualisé, l’avantage environnemental. En outre, la dimension des colis n’est pas soumise à une réglementation spécifique pour le fluvial, alors que la largeur maximum sur route est de 2,5m largeur et que la hauteur-largeur maximum sur rail est de 4 m x 4 m.

Les principales caractéristiques du marché sur le bassin du Rhin

Taille du marché

La filière des équipements mécaniques (essentiellement des PME) représente 16 % de la main d’œuvre industrielle de la région. Les colis lourds pesaient en 2011, 2,7 milliards € de CA et représentaient 7 800 emplois.

Situation de la filière

La filière de l’industrie mécanique est surreprésentée en Alsace par rapport à la moyenne nationale et toutes les activités du secteur y sont présentes, en particulier la fabrication des roulements, de machines d’usage général (manutention, levage) et la chaudronnerie. Les industries présentes en Franche-Comté font également transiter leurs colis par les ports rhénans français.

Répartition modale

Les colis lourds intra-régionaux empruntent à hauteur de 15,5 % le mode fluvial. A l’export, cette part modale augmente à 25 % (45 % route, 30 % rail). Les ports de Strasbourg et Mulhouse-Rhin concentrent la majorité des flux.

Points forts du mode fluvial

La qualité du service sur mesure pour les colis exceptionnels.

Freins au développement du mode fluvial

L’irrégularité des flux sur les colis exceptionnels constitue un handicap. Il n’y a pas d’offres continentales à ce jour. Enfin l’atomisation des nombreuses PME du secteur mécanique génère une atomisation des flux.

Enjeux et opportunités

Le transport des colis exceptionnels favorise l’intégration du fluvial dans le développement des secteurs de l’énergie. Cela implique d’identifier et d’accompagner les industriels de la région. En ce qui concerne les filières mécaniques et les colis lourds standards, il faut distinguer les segments cibles suivant le mode de transport : RoRo, conteneurs maritimes, continental. Le développement du fluvial continental et le short sea permettrait de capter les flux européens. Il est également possible de cibler les flux déconsolidés en zone Benelux : le port d’Anvers est le 1er port européen pour les colis lourds-exceptionnels.

Les perspectives de développement sur le bassin du Rhin

Potentiel du marché et du report modal

La croissance potentielle pourrait passer de +1,5 % à +5 % par an, avec une part modale fluviale qui évoluerait de 15 % en 2010 à 18 % en 2025 si des actions volontaristes sont menées. Les sites importants sont le segment Saverne-Port autonome de Strasbourg, Lauterbourg (colis lourds et terminal à conteneur) et Ottmarsheim.

Facteurs de réussites

Une offre portuaire adaptée avec une capacité de levage, des accès routiers, des espaces portuaires dégagés, un iso-coût favorable par rapport à la route. Autres avantages : le transit time, la fréquence, la fiabilité et aussi une offre logistique adaptée aux longueurs importantes.

Leviers et actions

  • Pour les colis lourds-exceptionnels : valoriser les capacités de levage des ports, engager une démarche commerciale spécifique « colis exceptionnels » auprès des industriels et prestataires régionaux (fabricant, société de levage, transitaires), développer une offre « porte à porte » spécifique en partenariat avec les transitaires-opérateurs fluviaux et les autorités territoriales.
  • Pour l’industrie mécanique : intégrer la démarche à la filière « conteneurs » auprès des transitaires, promouvoir l’intérêt des stocks tampons sur les zones portuaires, développer les offres continentales au départ de ports alsaciens.